Imbécile !
Je sais que je ne sais pas écrire, vraiment, je m’en rends compte. Maintenant, je sais aussi que si je savais écrire, ou si j’écrivais ce que je sais, je m’ennuierais et je m’ennuierais pour une très bonne raison, c’est que ça ne me servirait à rien.
Je pourrais le dire très fort et le répéter dix mille fois, mais que l’on vive quand même, qu’on n’arrive pas à s’épuiser, qu’on se relève et qu’on continue, qu’on n’ait toujours pas compris la leçon, qu’on recommence à espérer encore, c’est incroyable à quel point c’est con.
Je veux dire, je ne vais pas écrire pour faire bien et pour montrer tout ce que je sais. D’abord, je ne sais pas ce que je sais, mais quand bien même je le saurais, je n’ai rien à prouver avec ça.
Ce n’est pas vrai que j’appelle à l’aide avec l’écriture, à l’aide de quoi, à l’aide de vivre ? Qui pourrait vivre ma vie à ma place, C. ? J’écris parce que, je ne sais pas pourquoi j’écris, je ne vais pas faire le malin avec ça, j’aurais dit parce que je ne peux pas vivre, parce que je suis handicapé avec la vie et que je veux que ça reste comme ça, parce qu’il y a des choses auxquelles je ne veux pas me faire, même si je me rends compte que ça fait de moi un imbécile et même pas heureux en plus, quoique… Voilà, j’écris pour attaquer l’intelligence, parce que c’est avec l’intelligence qu’on peut expliquer qu’une petite partie de l’humanité exploite jusqu’au sang le reste du monde. Si je devais faire le malin en expliquant pourquoi j’écris, pourquoi j’écris si mal donc, j’écrirais que c’est pour ne pas pouvoir expliquer.
Je ne vais pas le dire très fort, et je ne vais pas le répéter dix mille fois, mais que l’on vive quand même, qu’on n’arrive pas à s’épuiser, qu’on se relève et qu’on continue, qu’on n’ait toujours pas compris la leçon, qu’on recommence à espérer encore, c’est incroyable à quel point c’est bon.
Je sais qu’il n’y a que les imbéciles pour dire que le monde est horrible, que la vie pourrait être mieux, je sais que ce n’est pas raisonnable, qu’on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, et puis c’est facile à dire et naïf et irresponsable, qu’il faut prendre en compte la réalité, et tout et tout, oui je sais, oui, je comprends, je dois même être d’accord, vraiment, mais qui a dit que la réalité c’était forcément ça ?
«L’homme ne devrait pas laisser aller la vie humaine comme elle va.» Robert Musil, L’homme sans qualités, chapitre 83
Je pourrais le dire très fort et le répéter dix mille fois, mais que l’on vive quand même, qu’on n’arrive pas à s’épuiser, qu’on se relève et qu’on continue, qu’on n’ait toujours pas compris la leçon, qu’on recommence à espérer encore, c’est incroyable à quel point c’est con.
Je veux dire, je ne vais pas écrire pour faire bien et pour montrer tout ce que je sais. D’abord, je ne sais pas ce que je sais, mais quand bien même je le saurais, je n’ai rien à prouver avec ça.
Ce n’est pas vrai que j’appelle à l’aide avec l’écriture, à l’aide de quoi, à l’aide de vivre ? Qui pourrait vivre ma vie à ma place, C. ? J’écris parce que, je ne sais pas pourquoi j’écris, je ne vais pas faire le malin avec ça, j’aurais dit parce que je ne peux pas vivre, parce que je suis handicapé avec la vie et que je veux que ça reste comme ça, parce qu’il y a des choses auxquelles je ne veux pas me faire, même si je me rends compte que ça fait de moi un imbécile et même pas heureux en plus, quoique… Voilà, j’écris pour attaquer l’intelligence, parce que c’est avec l’intelligence qu’on peut expliquer qu’une petite partie de l’humanité exploite jusqu’au sang le reste du monde. Si je devais faire le malin en expliquant pourquoi j’écris, pourquoi j’écris si mal donc, j’écrirais que c’est pour ne pas pouvoir expliquer.
Je ne vais pas le dire très fort, et je ne vais pas le répéter dix mille fois, mais que l’on vive quand même, qu’on n’arrive pas à s’épuiser, qu’on se relève et qu’on continue, qu’on n’ait toujours pas compris la leçon, qu’on recommence à espérer encore, c’est incroyable à quel point c’est bon.
Je sais qu’il n’y a que les imbéciles pour dire que le monde est horrible, que la vie pourrait être mieux, je sais que ce n’est pas raisonnable, qu’on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, et puis c’est facile à dire et naïf et irresponsable, qu’il faut prendre en compte la réalité, et tout et tout, oui je sais, oui, je comprends, je dois même être d’accord, vraiment, mais qui a dit que la réalité c’était forcément ça ?
«L’homme ne devrait pas laisser aller la vie humaine comme elle va.» Robert Musil, L’homme sans qualités, chapitre 83
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