dans tous les sens
On peut dire que le désir est fuyant, qu’on désire ce qu’on n’a pas et qu’on ne désire pas ce qu’on a, des trucs comme ça. La Psychanalyse fait partir le désir du manque au cours du complexe de castration. On fait partir la parole du manque aussi, ou plutôt de l’absence, on parle de quelque chose qui n’est pas là, sinon on le montrerait. Il y a aussi le fait que parler ou désirer, c’est renoncer et renoncer à renoncer, c’est renoncer à quelque chose pour dire ou désirer autre chose. Bon. On peut dire aussi qu’on est fuyant avec le désir. Qu’on fuit le désir. Que même on fuit le désir en désirant. Qu’on désire autre chose, non pas tant pour autre chose que pour continuer de désirer. Pour ne pas renoncer. On le fuit le désir et ce qu’on désire nous fuit.
Je ne répondrai pas aux commentaires anonymes, si quelqu’un a quelque chose à dire, qu’il me le dise directement. Si quelqu’un me connaît ou le connaît lui, qu’il prenne la parole, sa parole, pas celle de personne ou de n’importe qui. Il y a un moment où je n’ai même pas à les lire ces messages anonymes et où je vais les virer vite fait.
Le désir se développe, se précise, s’articule et se structure avec tout un vocabulaire, une grammaire, une syntaxe. Désirer, c’est définir. Désirer, c’est se définir comme quelqu’un d’autre qui désire autre chose, comme quelqu’un qui renonce à quelque chose, c’est se situer dans la foule. Désirer, c’est produire du sens et s’inscrire dans la foule. Et il y a quelque chose qui bute contre la production de sens, la « chaîne signifiante » dans le désir. Il y a quelque chose qui fait que le désir reste forcément un point de fuite qui s’inscrit dans un sens qui le conditionne et le définit mais auquel il échappe. Ce n’est pas pour rien qu’on fait taire le désir dans les dictatures, ce n’est pas pour rien qu’on tait son désir dans les démocraties.
Je n’ai pas envie de parler de ça, ça me gonfle, j’ai mes bouquins pour ça et je le fais mieux. Là, je vois bien que je raconte n’importe quoi, que je n’ai pas le temps ni les moyens d’aller bien loin, que d’écrire ça, franchement, autant ne pas écrire du tout, non mais franchement.
C’est marrant que du sens, on en mette partout, qu’on n’arrête toujours pas, qu’on en produise autant, je veux dire, il y a des animaux qui tissent des toiles ou construisent des nids, dont la vie entière n’est que ça, nous, je crois vraiment qu’on peut dire qu’on fabrique du sens. Et même quand la réalité se rappelle à nous, qu’on reste sans voix comme on dit, c’est-à-dire qu’on est à court de sens, qu’on ne peut plus, que face à la mort par exemple, on ne peut plus fabriquer le sens que ça n’a pas, et même là, ce qui fait qu’on est abattu, désemparé, fini, précisément de ne plus pouvoir fabriquer de sens, de ne plus pouvoir rien dire, ou de pouvoir tout dire, une chose et son contraire, n’importe quoi, que ça n’a pas de sens de toutes façons, qu’on ne sait plus, qu’on ne peut pas, même là, d’être échoué dans la réalité, celle qui n’a pas de sens, celle sur laquelle le sens ne peut pas se rabattre, même là on trouve le moyen, même si c’est long, même si ça coûte, de donner un sens, les dieux, la science, n’importe quoi, sinon on croit qu’on ne pourrait plus survivre, et je crois qu’on le croit vraiment.
Le désir est là qui n’a pas de sens, qui sollicite et déploie tout ce qui n’a pas de sens en nous, tout ce qui ne rentre pas dans la « toile de sens » et pourtant, précisément, c’est avec le désir qu’on s’y prend au piège, dans la toile.
Je crois qu’on peut dire que si la vie n’a pas de sens, le sens de la vie d’un individu, c’est de fabriquer du sens, n’importe lequel, vraiment n’importe lequel.
Je ne répondrai pas aux commentaires anonymes, si quelqu’un a quelque chose à dire, qu’il me le dise directement. Si quelqu’un me connaît ou le connaît lui, qu’il prenne la parole, sa parole, pas celle de personne ou de n’importe qui. Il y a un moment où je n’ai même pas à les lire ces messages anonymes et où je vais les virer vite fait.
Le désir se développe, se précise, s’articule et se structure avec tout un vocabulaire, une grammaire, une syntaxe. Désirer, c’est définir. Désirer, c’est se définir comme quelqu’un d’autre qui désire autre chose, comme quelqu’un qui renonce à quelque chose, c’est se situer dans la foule. Désirer, c’est produire du sens et s’inscrire dans la foule. Et il y a quelque chose qui bute contre la production de sens, la « chaîne signifiante » dans le désir. Il y a quelque chose qui fait que le désir reste forcément un point de fuite qui s’inscrit dans un sens qui le conditionne et le définit mais auquel il échappe. Ce n’est pas pour rien qu’on fait taire le désir dans les dictatures, ce n’est pas pour rien qu’on tait son désir dans les démocraties.
Je n’ai pas envie de parler de ça, ça me gonfle, j’ai mes bouquins pour ça et je le fais mieux. Là, je vois bien que je raconte n’importe quoi, que je n’ai pas le temps ni les moyens d’aller bien loin, que d’écrire ça, franchement, autant ne pas écrire du tout, non mais franchement.
C’est marrant que du sens, on en mette partout, qu’on n’arrête toujours pas, qu’on en produise autant, je veux dire, il y a des animaux qui tissent des toiles ou construisent des nids, dont la vie entière n’est que ça, nous, je crois vraiment qu’on peut dire qu’on fabrique du sens. Et même quand la réalité se rappelle à nous, qu’on reste sans voix comme on dit, c’est-à-dire qu’on est à court de sens, qu’on ne peut plus, que face à la mort par exemple, on ne peut plus fabriquer le sens que ça n’a pas, et même là, ce qui fait qu’on est abattu, désemparé, fini, précisément de ne plus pouvoir fabriquer de sens, de ne plus pouvoir rien dire, ou de pouvoir tout dire, une chose et son contraire, n’importe quoi, que ça n’a pas de sens de toutes façons, qu’on ne sait plus, qu’on ne peut pas, même là, d’être échoué dans la réalité, celle qui n’a pas de sens, celle sur laquelle le sens ne peut pas se rabattre, même là on trouve le moyen, même si c’est long, même si ça coûte, de donner un sens, les dieux, la science, n’importe quoi, sinon on croit qu’on ne pourrait plus survivre, et je crois qu’on le croit vraiment.
Le désir est là qui n’a pas de sens, qui sollicite et déploie tout ce qui n’a pas de sens en nous, tout ce qui ne rentre pas dans la « toile de sens » et pourtant, précisément, c’est avec le désir qu’on s’y prend au piège, dans la toile.
Je crois qu’on peut dire que si la vie n’a pas de sens, le sens de la vie d’un individu, c’est de fabriquer du sens, n’importe lequel, vraiment n’importe lequel.
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