Le répit, n'importe quoi
Je sais ce que c’est le répit, ça m’est déjà arrivé. C'était il y a quelques mois, je m'en souviens encore très bien, dans tous les détails, je le revis presque tellement je m'en souviens. Cet apaisement-là, qui fait que le cœur ralentit sa cadence pour une fois, une fois seulement. Je l’ai ressenti. Sa chaleur, sa douceur infinie inonder mon corps, mon sang, mes chairs, mes neurones jusqu’à ne plus penser. Ne plus penser.
Je sais qu’un jour je me tairai, c’est vrai, je n’attends que ça, ce soulagement, je me bats pour le trouver. Mais je ne me tairai pas parce que j’aurai renoncé à parler, non, je n’arrive pas à renoncer, j’ai cet espoir en moi qui fait que non, je ne peux pas. Je parle pour arriver à me taire dans la parole. Je ne dis pas n’importe quoi, c’est ça que je fais.
Et même si je savais que je me leurrais, et même si je me le disais très fort, que j’y croyais, que sans doute que je faisais semblant, je ne sais pas, le répit était là, indéniable, partout dans mon corps. Je le ressentais vraiment, je veux dire j’en étais aussi sûr de ce répit que du leurre que c’était.
Peut-être que je vomis quand j’écris. Je sais que c’est pénible à lire, c’est pénible à écrire aussi, sans doute moins qu’à lire. Autant j’avais les larmes aux yeux en parlant du répit et du leurre, autant là je souris, il faudrait voir ça. Oui, c’est pénible parce que j’écris avec ma peine. Là, je dis n’importe quoi, je sais.
Que je puisse ne plus avoir au ventre cette angoisse, ce poids suffoquant dans le corps, c’était déjà quelque chose, mais qu’en plus j’arrive à ne plus penser à la mort du tout et à oublier la vie, que j’arrive à être à l’abri, je n’aurai jamais cru cela possible. Même quand c’était là ce répit, ça me paraissait incroyable tellement c’était vrai.
Je ne pourrai pas décider de me taire, on ne décide pas ces choses-là. De toutes façons, je sais que je me tairai, parce qu’un jour je serai mort. Je ne décide pas de me taire parce que j’ai décidé de vivre. J’imagine que si je cherche à me taire en parlant, c’est parce que je meurs déjà.
Parler, ça me fatigue, ça me tue. Ça tue tout le monde de toutes façons. C’est fait pour.
Vous entendez ce vacarme ? Ce n’est pas la vie, ça, ce n’est pas vrai, le vacarme, c’est le bruit qu’on fait pour ne pas entendre la mort, je vous jure.
Et que ce soit dans le silence, que les heurts, les cris, les accidents ne puissent pas venir troubler le répit que c’était, que c’était tellement le répit que même ça, toute la violence, ça s’apaisait, ça c’était un miracle.
Putain mais merde, je ne dirai pas qu’on aille se faire foutre, parce qu’on est foutus. C’est trop tard. C’est fait.
Et je me le disais que ça ne durerait pas, que c’était de passage ce répit, qu’il y a tellement de choses dures à vivre, je parle des choses qu’on ne choisit pas de vivre, que forcément ça allait s’arrêter. Et je me disais aussi que j’aurais vécu ça au moins une fois dans ma vie, que je ne l’avais jamais vécu avant, que peut-être je ne le revivrais plus jamais avant de mourir, mais que ça, ce moment miraculeux, ça valait toute la peine du reste de ma vie. Je ne peux pas dire à quel point je savais qu’il fallait en profiter.
Je me disais aussi que je saurai maintenant que ça existe, qu’avant ça me paraissait trop beau pour y croire, comme on dit, mais que là ça n’était pas trop, c’était assez pour y croire, et y croire vraiment. J’ai bien dit y croire, j’avais quand même du mal à y croire complètement, sinon je n’y aurais pas cru du tout, je l’aurais simplement vécu, mais ça aurait été trop pour moi.
Je ne pouvais pas m’empêcher d’espérer que mon corps serait marqué et que ça ne s’effacerait pas, et c’est vrai, d’une certaine manière, c’est là, ça me donne une force incroyable, oui, c'est vrai, mais c’est parti quand même.
Je sais qu’un jour je me tairai, c’est vrai, je n’attends que ça, ce soulagement, je me bats pour le trouver. Mais je ne me tairai pas parce que j’aurai renoncé à parler, non, je n’arrive pas à renoncer, j’ai cet espoir en moi qui fait que non, je ne peux pas. Je parle pour arriver à me taire dans la parole. Je ne dis pas n’importe quoi, c’est ça que je fais.
Et même si je savais que je me leurrais, et même si je me le disais très fort, que j’y croyais, que sans doute que je faisais semblant, je ne sais pas, le répit était là, indéniable, partout dans mon corps. Je le ressentais vraiment, je veux dire j’en étais aussi sûr de ce répit que du leurre que c’était.
Peut-être que je vomis quand j’écris. Je sais que c’est pénible à lire, c’est pénible à écrire aussi, sans doute moins qu’à lire. Autant j’avais les larmes aux yeux en parlant du répit et du leurre, autant là je souris, il faudrait voir ça. Oui, c’est pénible parce que j’écris avec ma peine. Là, je dis n’importe quoi, je sais.
Que je puisse ne plus avoir au ventre cette angoisse, ce poids suffoquant dans le corps, c’était déjà quelque chose, mais qu’en plus j’arrive à ne plus penser à la mort du tout et à oublier la vie, que j’arrive à être à l’abri, je n’aurai jamais cru cela possible. Même quand c’était là ce répit, ça me paraissait incroyable tellement c’était vrai.
Je ne pourrai pas décider de me taire, on ne décide pas ces choses-là. De toutes façons, je sais que je me tairai, parce qu’un jour je serai mort. Je ne décide pas de me taire parce que j’ai décidé de vivre. J’imagine que si je cherche à me taire en parlant, c’est parce que je meurs déjà.
Parler, ça me fatigue, ça me tue. Ça tue tout le monde de toutes façons. C’est fait pour.
Vous entendez ce vacarme ? Ce n’est pas la vie, ça, ce n’est pas vrai, le vacarme, c’est le bruit qu’on fait pour ne pas entendre la mort, je vous jure.
Et que ce soit dans le silence, que les heurts, les cris, les accidents ne puissent pas venir troubler le répit que c’était, que c’était tellement le répit que même ça, toute la violence, ça s’apaisait, ça c’était un miracle.
Putain mais merde, je ne dirai pas qu’on aille se faire foutre, parce qu’on est foutus. C’est trop tard. C’est fait.
Et je me le disais que ça ne durerait pas, que c’était de passage ce répit, qu’il y a tellement de choses dures à vivre, je parle des choses qu’on ne choisit pas de vivre, que forcément ça allait s’arrêter. Et je me disais aussi que j’aurais vécu ça au moins une fois dans ma vie, que je ne l’avais jamais vécu avant, que peut-être je ne le revivrais plus jamais avant de mourir, mais que ça, ce moment miraculeux, ça valait toute la peine du reste de ma vie. Je ne peux pas dire à quel point je savais qu’il fallait en profiter.
Je me disais aussi que je saurai maintenant que ça existe, qu’avant ça me paraissait trop beau pour y croire, comme on dit, mais que là ça n’était pas trop, c’était assez pour y croire, et y croire vraiment. J’ai bien dit y croire, j’avais quand même du mal à y croire complètement, sinon je n’y aurais pas cru du tout, je l’aurais simplement vécu, mais ça aurait été trop pour moi.
Je ne pouvais pas m’empêcher d’espérer que mon corps serait marqué et que ça ne s’effacerait pas, et c’est vrai, d’une certaine manière, c’est là, ça me donne une force incroyable, oui, c'est vrai, mais c’est parti quand même.
Publicité