Que ça quitte mon corps

Publié le par claude pérès

  Voilà, c’est fait. Pendant longtemps, je repensais à lui en revivant mes souvenirs. Je ressentais exactement les mêmes émotions que sur le moment. C’était là. Ca ne voulait pas partir. Quand je le revoyais sautiller de joie, les yeux écarquillés, j’avais la même tendresse qui revenait, comme s’il était là devant moi. J’aurais presque tendu les bras pour le serrer très fort. J’avais la même colère, la même dureté en repensant à ses caprices. Et la même fatigue aussi tellement ça pouvait être pesant et tellement j’aimais que ça me pèse.
  Et là, ce qui me surprend, c’est que j’y repense encore, bien sûr, mais que c’est devenu théorique. Ca a quitté mon corps. Je veux dire, je ne le ressens plus, ce n’est plus en moi, ça n’a plus aucun écho dans mes chairs. Je ne me souviens plus de rien, je me rappelle. Quand je repense à la chaleur de son corps, comme j’étais bien en lui, par exemple, c’est comme si je ne l’avais vu que de loin, comme si ça m’était étranger finalement. Des images, j’en ai plein la mémoire, évidemment, et sans doute pour toujours, mais cette propagation de ce que je ressentais à l’époque dans mon corps, c’est fini, je n’ai plus de place pour ça. Ce n’est plus moi. C’est passé.
  Ce qui est incroyable, c’est que c’est passé. C’est comme si je ne l’avais jamais connu, comme si je n’avais rien vécu avec lui, juste des souvenirs qui ne partiront jamais. Je sais même qu’un jour, et bientôt sans doute, ce sera doux de penser à lui.
  Voilà, je parle encore de lui, mais cette fois ce n’est plus que de la parole.
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Publié dans ruptures

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P
Toujours magnifique...<br /> Y en a combien qui peuvent se rapprocher à ce point de la vie que l'on sente sa vérité calorique ? <br />  
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