Ce qui me manque le plus chez lui, c’est moi-même.

Publié le par claude pérès

Je n’ai rien à dire.

Hier, c’était l’anniversaire de notre rupture. Je ne sais pas si on fête ces choses-là. Je ne sais pas comment les fêter.

Quand je désire, j’extrais l’autre de la foule de la mort pour m’extraire moi-même en étant l’autre de l’autre. Je suis quelqu’un parce que je suis quelqu’un d’autre de l’autre dans la foule. En quelque sorte l’autre est le témoin que je suis quelqu’un parce qu’il est quelqu’un dans cette foule et que je suis quelqu’un d’autre. Dès lors que l’autre n’est plus l’autre, je ne suis plus l’autre de l’autre, je ne suis plus personne.

Je ne dirai pas que je n’ai pas pensé à lui, ni que je n’ai pas eu mal du tout.

Je n’ai rien à dire.

Et que cet autre soit quelqu’un d’autre que l’autre, puisque l’autre n’est plus l’autre, me fait sans doute être quelqu’un d’autre que l’autre de quelqu’un que j’étais. Je ne sais pas. Reconnaître quelqu’un d’autre que l’autre dans cette foule, c’est être quelqu’un d’autre que l’autre de quelqu’un, c’est être l’autre de quelqu’un d’autre.

Je ne dirai pas qu’il ne me manque pas du tout, ni que je n’ai pas mal.

Ça ne m’empêche pas de vivre autre chose, de ressentir autre chose, d’être autre chose. Je ne sais pas quoi encore.

Il y a quelqu’un d’autre. Il y a quelqu’un. Il est là. Depuis quelques jours, il est là.

Je ne sais pas si je suis quelqu’un d’autre.

Je n’ai rien à dire.

Je ne dirai pas qu’il ne me manque pas du tout, que je ne l’ai pas manqué, qu’il ne m’a pas manqué non plus.

Il y a quelqu’un d’autre. Je ne sais pas si je suis quelqu’un pour l’autre. Je ne sais pas si je suis quelqu’un d’autre. Je ne sais pas si l’autre que quelqu’un d’autre n’est plus quelqu’un, c’est-à-dire plus personne, parce que je suis quelqu’un d’autre que quelqu’un d’autre que l’autre.

Je ne sais pas si je l’oublie parce que je pense à quelqu’un d’autre, ni si je ne pense pas à quelqu’un d’autre pour ne pas l’oublier pour ne pas être plus personne.

Je pense à quelqu’un d’autre.

Je ne dirai pas qu’il me manque, que je me manque, que je peux avoir très mal parfois. Je ne dirai pas que ça ne m’empêche pas d’aller bien. Je ne dirai rien. Je n’ai rien à dire de toutes façons.
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Publié dans ruptures

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Commenter cet article
C
joyeux anniversaire!<br /> la joie d'avoir connu un autre qui a pu devenir un temps quelqu'un, et puis celle de connaître aujourd'hui quelqu'un d'autre :)
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C
la douleur du manquement est toujours tue. à moins qu'un cri...
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