J'ai mieux à vivre, je sais

Publié le par claude pérès

  On ne m’a jamais vu ne pas me battre, on ne m’a jamais vu me résigner, jamais. Ce n’est pas moi, ce n’est pas possible. Je ne sais pas faire autrement. Voilà, c’est bon, j’ai regardé la peine et la douleur, je m’y suis confronté, j’ai vu. La tristesse qui tendait mon corps au début, je ne pouvais pas. Je tenais bon, je serrais les dents. Je ne pouvais pas me battre contre lui, alors je me suis battu avec moi. Il le fallait. Il fallait que je me batte. C’était ça ou j’aurais été emporté. J’ai étouffé mes émotions. Je me suis étouffé aussi. Il le fallait. Je savais qu’il fallait que je sauve ma peau. Voilà, ensuite j’ai regardé cette douleur, je me suis arrêté et je me suis laissé rattraper. Ca aussi, il le fallait, il fallait que ça sorte, il fallait que j’arrive à dire que j’étais triste et que j’admette que je l’aimais. C’était pénible, qu’est-ce que c’était pénible, mais c’était ça ou continuer à étouffer toute ma vie. Et ça, ce n’est pas possible du tout. Je me suis laissé attaquer par la douleur, il le fallait. J’ai fini par pleurer, une nuit, seul, sous la pluie en plein hiver en faisant un détour pour rentrer chez moi pour ne pas repasser devant l’immeuble où nous avions vécu et en revoyant tous les lieux où l’on s’était tenu par la main, le poteau dans lequel il était rentré au début, tellement il n’avait d’yeux que pour moi, les lieux où nous faisions les courses, tout. J’ai pleuré, c’est sorti, c’est admis, c’est bon. Je ne vais pas me plaindre toute ma vie. J’ai mieux à vivre, j’ai mieux à faire, je sais. Oui, je pense à lui quand je passe devant ses coffee-shops préférés, quand je retourne à un endroit où nous sommes allés ensemble, quand je donne ma tendresse à quelqu’un d’autre, quand je couche avec quelqu’un qui ne suce pas pareil, quand j’ai un problème et qu’il n’est pas là pour me soutenir, ou quand je me sens seul quelques fois, oui, bien sûr que je pense à lui, et bien sûr que je l’ai aimé, mais c’est bon. J’ai retourné les émotions dans tous les sens, ou elles m’ont retournées, je ne sais plus, la tristesse, la douleur, la colère, l’abattement, le dépit, l'espoir, le regret, je les ai vues passer une par une, parfois même en même temps, c’est bon, j’ai vu. Ca ne va pas m’empêcher de vivre, ça ne va pas gâcher ma vie, il n’y a pas de quoi. Vraiment, il n’y a pas de quoi. J’ai déjà vécu pire et j’ai mieux à vivre. Tellement mieux.
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Publié dans ruptures

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M
j'en connais qui vont mieux comprendre...et c'est rassurant...
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