la philosophie questionne ?
Je ne sais pas ce que c’est, la philosophie.
Que des gens utilisent des gros mots qu’ils ont tellement peinés à apprendre qu’on ne peut plus les arrêter de les employer, ça ne fait pas d’eux des philosophes, pas plus que des gens qui suivent le rythme d’une musique ne sont des danseurs, parce qu’il y a des musiques sans rythme, comme il y a des mondes sans parole.
La philosophie ne parle pas.
On ne connaît pas quelque chose parce qu’on a un mot pour la désigner, ce n’est pas vrai. Ça, c’est un enjeu de pouvoir pour les impuissants, les gens qui bandent mou. Un mot, ça n’a pas de sens, ça ne désigne rien, c’est une interrogation sur le sens, c’est une absence. On invente ou on utilise un mot pour désigner quelque chose qui n’est pas là, sinon on la montrerait. Quand on utilise un mot, on valide l’absence de quelque chose ou l’absence de sens de quelque chose et on part forcément à sa recherche.
Un mot ne clôt pas, il ouvre.
Que des gens utilisent des mots pour clore leur compréhension du monde, c’est tellement con, que c’est drôle. Seulement voilà, aligner les mots qui font bien, ça n’a jamais parlé du monde, ça parle du savoir de celui qui les aligne, et de la portée de sa vue.
La philosophie ne comprend pas.
Personne n’a jamais compris le monde parce qu’il en parlait. Parler, ça n’est rien d’autre que parler, quel que soit ce dont on parle. On peut parler du monde, on peut parler de l’art, de la philosophie ou même de la parole, on parle, c’est tout, on fait du bruit, on marque son territoire. Quand on parle du monde, on en parle parce qu’on ne peut pas le désigner, parce qu’on ne peut pas le vivre. On ne parle pas du monde parce qu’on l’a trouvé. On parle du monde parce qu’on l’a perdu et on perd le monde en en parlant.
La philosophie n’explique pas.
Personne ne pourrait avoir l’idée de dire ce qu’est le monde, l’art, la philosophie ou la parole en pensant être suffisamment fort pour réduire le monde, l’art, la philosophie ou la parole à ce qu’il en dit. Personne ne peut se leurrer en imaginant échapper à la foule à ce point. Personne ne peut être déjà mort à ce point.
La philosophie questionne ?
La philosophie court après le sens du monde ou de ce qu’elle veut. La philosophie ne fabrique pas du sens et des gros mots qui font bien, la philosophie court après le sens du monde qui n’en a pas. La philosophie, c’est la mise en échec du sens, c’est la fabrication de sens qui signifie qu’il n’y a pas de sens. Il n’y a ni savoir, ni pouvoir là-dedans. Ça ne fait pas bien, ça ne rend pas intelligent, ce n’est pas présentable et il n’y a aucune gloire à en tirer.
Je ne peux pas savoir ce que c’est, la philosophie.
Enfin moi, ce que j’en dis…
Que des gens utilisent des gros mots qu’ils ont tellement peinés à apprendre qu’on ne peut plus les arrêter de les employer, ça ne fait pas d’eux des philosophes, pas plus que des gens qui suivent le rythme d’une musique ne sont des danseurs, parce qu’il y a des musiques sans rythme, comme il y a des mondes sans parole.
La philosophie ne parle pas.
On ne connaît pas quelque chose parce qu’on a un mot pour la désigner, ce n’est pas vrai. Ça, c’est un enjeu de pouvoir pour les impuissants, les gens qui bandent mou. Un mot, ça n’a pas de sens, ça ne désigne rien, c’est une interrogation sur le sens, c’est une absence. On invente ou on utilise un mot pour désigner quelque chose qui n’est pas là, sinon on la montrerait. Quand on utilise un mot, on valide l’absence de quelque chose ou l’absence de sens de quelque chose et on part forcément à sa recherche.
Un mot ne clôt pas, il ouvre.
Que des gens utilisent des mots pour clore leur compréhension du monde, c’est tellement con, que c’est drôle. Seulement voilà, aligner les mots qui font bien, ça n’a jamais parlé du monde, ça parle du savoir de celui qui les aligne, et de la portée de sa vue.
La philosophie ne comprend pas.
Personne n’a jamais compris le monde parce qu’il en parlait. Parler, ça n’est rien d’autre que parler, quel que soit ce dont on parle. On peut parler du monde, on peut parler de l’art, de la philosophie ou même de la parole, on parle, c’est tout, on fait du bruit, on marque son territoire. Quand on parle du monde, on en parle parce qu’on ne peut pas le désigner, parce qu’on ne peut pas le vivre. On ne parle pas du monde parce qu’on l’a trouvé. On parle du monde parce qu’on l’a perdu et on perd le monde en en parlant.
La philosophie n’explique pas.
Personne ne pourrait avoir l’idée de dire ce qu’est le monde, l’art, la philosophie ou la parole en pensant être suffisamment fort pour réduire le monde, l’art, la philosophie ou la parole à ce qu’il en dit. Personne ne peut se leurrer en imaginant échapper à la foule à ce point. Personne ne peut être déjà mort à ce point.
La philosophie questionne ?
La philosophie court après le sens du monde ou de ce qu’elle veut. La philosophie ne fabrique pas du sens et des gros mots qui font bien, la philosophie court après le sens du monde qui n’en a pas. La philosophie, c’est la mise en échec du sens, c’est la fabrication de sens qui signifie qu’il n’y a pas de sens. Il n’y a ni savoir, ni pouvoir là-dedans. Ça ne fait pas bien, ça ne rend pas intelligent, ce n’est pas présentable et il n’y a aucune gloire à en tirer.
Je ne peux pas savoir ce que c’est, la philosophie.
Enfin moi, ce que j’en dis…
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