je ne peux pas l'imaginer heureux
Je ne peux pas l’imaginer heureux. Je l’imagine malheureux. Je sais, c’est mal, je sais.
Je n’ai pas envie d’écrire des trucs comme ça. Je n’ai pas envie de me faire du mal pour rien avec l’écriture. Que je le dise oui, que je le pense, oui. Que je puisse dire pourquoi et comment, et que j’aie conscience qu’espérer qu’il soit heureux, c’est ce que j’aurais de mieux à faire, parce que ce serait espérer aussi que je sois heureux sans lui, oui, dire que j’espère quand même qu’il est malheureux, que j’en suis sûr même et que ça me fait du bien d’en être sûr, ça, oui, mais l’écrire, non. Ça me fait chier. Il y a quelque chose qui fait que quand on commence à écrire des trucs comme ça, on enclenche le délire. Pas quand on le dit ou quand on le pense, parce que ça passe, parce qu’on sait que ça va passer, mais quand on l’écrit, on n’en finit pas de délirer.
Pourtant, c’est comme ça que je suis, je dis des trucs énormes comme ça, par exemple que je baise avec les gens pour les utiliser pour reconstruire mon amour-propre ou je ne sais pas quoi, que je les prends pour prendre leur force et leur pénis, ou leur beauté ou leur jeunesse, pour me flatter moi. Je dis ça, qu’avant je ne le faisais pas du tout, mais que ces derniers temps, je fais ça, que sans doute que tout le monde fait ça, mais que moi j’en ai conscience et que je le dis. Je suis comme ça, c’est une force chez moi, parler de la laideur des gens, de moi, avec le plus d’honnêteté possible, c’est-à-dire avec dureté, je suppose. Mais il y a des choses que je ne peux pas écrire.
Je peux dire que c’est impossible d’aimer, que ça coûte tellement, que la vie est pourrie, que rien ne vaut la peine que c’est, je peux dire qu’il était tellement jaloux que j’aime d’autres personnes, qu’il voulait me sucer ou se faire sauter chez eux, pratiquement devant eux, pour se prouver que je lui donnais à lui des choses que je ne donnais à personne d’autres. Je peux dire ça et regarder les gens se paralyser, parce qu’on ne dit pas des choses comme ça, me regarder avec méfiance en se disant que la foudre va me tomber dessus tellement c’est énorme de dire ça et ne rien trouver à répondre. Pourquoi je dis ça, je ne sais pas, comment je vis en disant ça, j’imagine que c’est ce que se demandent les gens qui m’entendent. Peut-être que j’attends juste qu’on me donne tort. Je me rappelle les fois où nous étions allongés tous les deux et que je lui parlais du suicide, je crois que je regardais jusqu’où il pouvait m’aimer et s’il allait simplement me prendre dans ses bras, mais non, il se paralysait lui aussi et c’était tout. Je peux écrire des choses comme ça, même pire que ça, mais pas n’importe quoi, pas juste pour me faire du mal avec ça, non. Même quand je le dis, ce n’est pas pour me faire du mal ou faire du mal aux autres, non, vraiment pas. Je ne crois pas que c’est en ne voulant pas voir qu’on se fait du bien, je n’y crois pas du tout, je ne crois pas non plus que c’est en ne voulant voir que ça.
Je peux écrire sur le fait que je ne peux pas écrire, ça oui, je peux écrire sur ce que je dis de dur sur les autres ou moi, mais je ne peux pas dire quelque chose de dur sur les autres ou moi en écrivant. En tout cas pas aujourd’hui, pas maintenant, pas sur ça.
J’espère qu’il est malheureux, je sais qu’il est malheureux, ça ne peut pas être autrement. Ce n’est pas exceptionnel de penser ça. Il espérait ça aussi, que je souffre, que ça me tue, ça se voyait qu’il l’espérait quand il est parti, ça se voyait qu’il était déçu que j’aie l’air d’en n’avoir rien à foutre, sauf que lui culpabilisait de ressentir ça et ne voulait pas se le formuler. Moi, je le formule, je le vois, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas. Ce n’est pas parce que je dis ça, que ça fait de moi un monstre, ce serait de le ressentir qui me ferait l’être, mais comme le ressentir, c’est humain…
Est-ce que les êtres humains sont des monstres ? Est-ce que je suis un monstre d’être humain ?
Très souvent aussi, je me dis qu’il est heureux, autant qu’un être humain puisse l’être, autant qu’il puisse l’être, lui, autant ou même un peu plus, parce qu’il n’y a aucune raison que je ne me dise pas ce qu’il y a de dur à entendre pour moi. Et ça me fait du bien, autant que ça puisse me faire du bien, évidemment.
Je n’ai pas envie d’écrire des trucs comme ça. Je n’ai pas envie de me faire du mal pour rien avec l’écriture. Que je le dise oui, que je le pense, oui. Que je puisse dire pourquoi et comment, et que j’aie conscience qu’espérer qu’il soit heureux, c’est ce que j’aurais de mieux à faire, parce que ce serait espérer aussi que je sois heureux sans lui, oui, dire que j’espère quand même qu’il est malheureux, que j’en suis sûr même et que ça me fait du bien d’en être sûr, ça, oui, mais l’écrire, non. Ça me fait chier. Il y a quelque chose qui fait que quand on commence à écrire des trucs comme ça, on enclenche le délire. Pas quand on le dit ou quand on le pense, parce que ça passe, parce qu’on sait que ça va passer, mais quand on l’écrit, on n’en finit pas de délirer.
Pourtant, c’est comme ça que je suis, je dis des trucs énormes comme ça, par exemple que je baise avec les gens pour les utiliser pour reconstruire mon amour-propre ou je ne sais pas quoi, que je les prends pour prendre leur force et leur pénis, ou leur beauté ou leur jeunesse, pour me flatter moi. Je dis ça, qu’avant je ne le faisais pas du tout, mais que ces derniers temps, je fais ça, que sans doute que tout le monde fait ça, mais que moi j’en ai conscience et que je le dis. Je suis comme ça, c’est une force chez moi, parler de la laideur des gens, de moi, avec le plus d’honnêteté possible, c’est-à-dire avec dureté, je suppose. Mais il y a des choses que je ne peux pas écrire.
Je peux dire que c’est impossible d’aimer, que ça coûte tellement, que la vie est pourrie, que rien ne vaut la peine que c’est, je peux dire qu’il était tellement jaloux que j’aime d’autres personnes, qu’il voulait me sucer ou se faire sauter chez eux, pratiquement devant eux, pour se prouver que je lui donnais à lui des choses que je ne donnais à personne d’autres. Je peux dire ça et regarder les gens se paralyser, parce qu’on ne dit pas des choses comme ça, me regarder avec méfiance en se disant que la foudre va me tomber dessus tellement c’est énorme de dire ça et ne rien trouver à répondre. Pourquoi je dis ça, je ne sais pas, comment je vis en disant ça, j’imagine que c’est ce que se demandent les gens qui m’entendent. Peut-être que j’attends juste qu’on me donne tort. Je me rappelle les fois où nous étions allongés tous les deux et que je lui parlais du suicide, je crois que je regardais jusqu’où il pouvait m’aimer et s’il allait simplement me prendre dans ses bras, mais non, il se paralysait lui aussi et c’était tout. Je peux écrire des choses comme ça, même pire que ça, mais pas n’importe quoi, pas juste pour me faire du mal avec ça, non. Même quand je le dis, ce n’est pas pour me faire du mal ou faire du mal aux autres, non, vraiment pas. Je ne crois pas que c’est en ne voulant pas voir qu’on se fait du bien, je n’y crois pas du tout, je ne crois pas non plus que c’est en ne voulant voir que ça.
Je peux écrire sur le fait que je ne peux pas écrire, ça oui, je peux écrire sur ce que je dis de dur sur les autres ou moi, mais je ne peux pas dire quelque chose de dur sur les autres ou moi en écrivant. En tout cas pas aujourd’hui, pas maintenant, pas sur ça.
J’espère qu’il est malheureux, je sais qu’il est malheureux, ça ne peut pas être autrement. Ce n’est pas exceptionnel de penser ça. Il espérait ça aussi, que je souffre, que ça me tue, ça se voyait qu’il l’espérait quand il est parti, ça se voyait qu’il était déçu que j’aie l’air d’en n’avoir rien à foutre, sauf que lui culpabilisait de ressentir ça et ne voulait pas se le formuler. Moi, je le formule, je le vois, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas. Ce n’est pas parce que je dis ça, que ça fait de moi un monstre, ce serait de le ressentir qui me ferait l’être, mais comme le ressentir, c’est humain…
Est-ce que les êtres humains sont des monstres ? Est-ce que je suis un monstre d’être humain ?
Très souvent aussi, je me dis qu’il est heureux, autant qu’un être humain puisse l’être, autant qu’il puisse l’être, lui, autant ou même un peu plus, parce qu’il n’y a aucune raison que je ne me dise pas ce qu’il y a de dur à entendre pour moi. Et ça me fait du bien, autant que ça puisse me faire du bien, évidemment.
Publicité